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22/05/2009

SNCF et concurrence suite. Et fin ?.

loco.jpgC'est bizarre ! Le 19 mais je parlais de la mise en concurrence de la SNCF sur le territoire français.

Depuis, il y a eu le 20 mai et la paralysie du réseau SNCF  suite à un accident causé par un train d'ECR (filiale de la Cie allemande Deutsche Banh).

Un article de l'humanité, revient sur l'incident. Ainsi on apprend le train ECR a été impliqué quelques instants auparavant dans un premier incident, sans que cela n’aboutisse à ce qu’il soit stoppé. Ainsi, le communiqué de la CGT du secteur de Bordeaux fait état « d’un premier heurt » survenu avec un autre train de marchandises. De moindre gravité, ce choc n’a pas contraint les deux convois à s’arrêter. Néanmoins, lors du changement de mécanicien en gare d’Angoulême, le nouveau conducteur du train SNCF, constatant les dégâts, a refusé de repartir.

En tous les cas, les syndicats dénoncent ces conséquences de la libéralisation du réseau et disent-ils "la recherche du profit conduit les entreprises à économiser sur les organisations du travail, les conditions sociales, les procédures réglementaires et les formations" (sud-rail).

Ce que conteste le secrétaire d'Etat au transport. Il n'y a pas de lien entre l'accident et la mise en concurrence du réseau ferré.

Une chose est certaine : quand Margaret Thatcher a privatisé le réseau ferré, les lignes n'ont plus été entretenues, et les accidents se sont à un moment multipliés.

Mais bon, s'il faut une mise en concurrence ...

Commentaires

J'allais commenter de la mise en concurrence des lignes de chemin de fer en Allemagne, et tu l'a fait avec l'Angleterre, pour finalement se rendre compte qu'il n'y a jamais eu tant de problème que lorsqu'on partage les voies ferrées. Ce ne sont pas des routes, on ne peut pas se doubler et se croiser relève d'un certain timing. Pourquoi donc changer ce qui fonctionne?

Écrit par : Homer | 22/05/2009

Oui, ce qui s'était passé en Angleterre m'avait marqué.

Écrit par : elmone | 22/05/2009

Malgré tout, les chiffres d'accident en France sont supérieurs qu'en Angleterre. A cause notamment des passages à niveau obsolète, qui plombent les statistiques. Il est donc communément admis de dire que la privatisation de Thatcher a rendu le train moins sur qu'en France. Dans la réalité, ce n'est pas forcément évident.

Pour autant, je ne suis pas tant favorable que ça à la libéralisation dans certains secteurs, chemin de fer y compris. Mais rester sur mon modèle national impliquerait une excellence du service, ce qui est loin d'être le cas...

En fait, la question me parait plus délicate que ça. Et va au delà des problématiques et considérations politiques je crois...
Bonne fin de semaine

Écrit par : Falconhill | 22/05/2009

C'est une décision politique de choisir ou non de se soumettre au dictat de la pensée unique!

Le privatisation du trafic ferroviaire

Faut il attendre un incident mortel pour remettre en cause le libéralisme dans le transport ferroviaire?

C'est la question qu'on est en droit de se poser!

Effectivement, l'incident d'Angoulême cause par une compagnie privé d'ECR (filiale de la Cie allemande Deutsche Banh). à surtout provoquer une grosse gène pour quelque 20.000 voyageurs qui devait partir en grand week-end! Il n'y a, heureusement, aucune victime à dénombrer.

Cependant malgré les déclaration rassurante de notre ministre des transports Dominique Bussereau « qu'il n'y avait eu "aucun" manquement à la sécurité, et que "la privatisation et les incidents, n'ont rien à voir ». Nous ne pouvons pas oublier, comme le rappelle le quotidien l’Humanité : « Le 26 avril 2008, un train de la compagnie Veolia a ainsi traversé la gare de Montauban à plus de 60 km/h. Sans la présence d’esprit des agents de la SNCF qui, au dernier moment, sont parvenus à le dérouter, il aurait percuté de plein fouet un TER bondé de voyageurs. »

Et au delà de ces incidents, n'oublions pas la situation britannique qui a du revenir sur la privatisation de ses chemins de fer suite à un enchainement d'incident mortelle sur les chemins de fers britanniques.

De plus, la SNCF et Réseau Ferré de France (RFF) est confronté à d'autre problème de sécurité posé par le manque d'investissement dans l'infrastructure ferroviaire! En 2005, un rapport d'une équipe d'expert indépendant Suisse avait dénoncer le mauvais état des rails obligeant les train à ralentir sur 1500km.

Ne devons rompre avec la dictature du profit à court terme!

Homme politique vous avez les responsabilités, Soyez courageux et ne céder plus à la pensée unique, à la pensée comptable, à la pensée de la loi du plus fort : le libéralisme, qui va inévitablement contre l'intérêt général, contre le bien commun!

David C.
david.cabas.over-blog.fr

Écrit par : David C. | 23/05/2009

J'ai beaucoup de chance, david C et Falcon Hill se répondent sans avoir besoin de moi.

Écrit par : elmone | 23/05/2009

Je pense pour ma part que les maux dont commence à souffrir le réseau ferré ne sont pas dûs au seul fait de l'arrivée d'opérateurs privés de transport ferroviaire. A la condition que chaque entreprise dispense les mêmes formations professionnelles, effectue les mêmes contrôles de connaissances, les mêmes vérifications, applique les mêmes procédures, il n'y a aucune raison de voir des entreprises travailler selon des critères inégaux de sécurité.
Les compagnies historiques de chemin de fer sont elles aussi administrées selon des critères de rendement, d'équilibre financier et de gestion des ressources humaines. Comme dans le privé. (Enfin, presque... Mais on y va.)
Le point de déséquilibre se trouve dans la séparation de la notion de réseau de celle d'exploitation.
Au Japon, pays libéral s'il en est, les compagnies privées se partagent le secteur ferroviaire île par île. Mais sans dissocier le réseau, sa construction, ses modifications, aménagements, maintenances... des trains qui y circulent. Tout est confié à la même entreprise.
La circulation ferroviaire n'a rien à voir avec l'usage d'un réseau routier. Il y a adéquation entre les installations ferrées et les trains qui les parcourent. La réactivité, la surveillance, la gestion du trafic, les notions de sécurité, l'application des procédures, leur modification (rien n'est jamais parfait) sont immédiates, concentrées sur le même pôle de décision. Entre les mêmes mains et -pourquoi pas ?- les mêmes intérêts. Je crois que c'est ainsi qu'on édifie les bonnes maisons...
Depuis la création de la SNCF en 1937, sur les ruines des compagnies privées qui se partageaient le territoire, les gouvernements successifs n'ont jamais abondé à bonne hauteur, jamais respecté leurs engagements, jamais appliqué la politique d'investissements qu'il aurait fallu mettre en place. D'où le légendaire - mais illusoire - déficit chronique de la SNCF.
Vient l'Europe... La centralisation n'est plus de mise... Alors on démembre, on reprivatise, on fait la chasse aux coûts (la sécurité est un luxe onéreux) et, tant qu'il ne se passe rien, les apprentis sorciers lâchent la bride... cette situation de nette dégradation des conditions de sécurité frappe à égalité l'opérateur historique et les nouveaux entrants. L'accident dont a été la cause le train ECR aurait tout aussi bien pu survenir sur un train de la SNCF.

Écrit par : Andrew | 26/05/2009

bonjour à tous, je voudrais intervenir sur l'affirmation de Andrew qui écrit "L'accident dont a été la cause le train ECR aurait tout aussi bien pu survenir sur un train de la SNCF". Et bien, je ne suis pas d'accord avec vous. Je tiens a signaler que je suis conducteur sncf et je pense avoir déceler le problème des opérateurs privés. A la sncf, avant le départ d'un train, plusieurs agents sont utilisés pour mettre en place une rame. Un agent accroche les wagons, un agent relève les numéros des wagons, leurs masses, leurs capacités de freinage, etc... Le conducteur se met en tête, vérifie l'attelage et la cohérence du bulletin de freinage avec la rame et un autre agent pour effectuer un essai du frein. Si un des agent SNCf ne fait pas sont travail, ou oublie quelque chose ( nous ne sommes que des humains après tout) la moindre anomalie serait systématiquement relevé par un autre agent sncf. Chez les concurrents, la plupart du temps, le conducteur est seul pour effectuer toutes ces taches. Un oublie, une erreur, et personne ne s'en apercevra. Surtout qu'il doit être exercé une certaine pression envers les conducteurs privés lié au temps alloué pour les essais et vérifications, histoire de gagner un peu de temps donc de l'argent. Je pense également que les patrons de ces opérateurs privés ne doivent pas voir l'interêt de tout ce temps, "gaché" à leurs yeux. Et puis, je dis, chacun son métier, la poste c'est le courrier, edf c'est l'electricité, gdf le gaz, etc....

Écrit par : arnaud | 26/06/2009

Bonsoir à tous.
Je rebondis sur le commentaire de mon collègue Arnaud...
"Collègue " oui, parce que je suis aussi cheminot de la "grande maison" cadre honoraire retraité, et dernièrement responsable d'un pôle sécurité.
J'ai toujours été ému de voir la confiance que les conducteurs placent dans le système qui les précède. Qui les encadre. La maladie première du "pousse-manette" de locomotive lui a été inculquée : "tu dois faire confiance à un système." Et c'est exactement - jusque dans le détail - ce que notre ami Arnaud nous décrit : "Untel fait et vérifie ceci. Tel autre se charge et contrôle cela. Tu as l'assurance de pouvoir mener ton train d'un point à un autre, à la condition que tu t'assures des éléments qui t'ont été communiqués."
Es-tu certain, cher "pousse manette" de connaître toute la chaîne du transport que tu dois acheminer ?
Certes, je me montre provocateur... Mais si je dis et affirme qu'un tel accident aurait tout aussi bien pu mettre en cause deux trains SNCF, c'est parce que ça s'est déjà produit par le passé... C'est parce que les chargeurs prennent de plus en plus de libertés et que personne - je dis bien : "Personne" - n'est plus là avec l'expérience, le pouvoir de dire NON, ni les compétences professionnelles propres à assurer la sécurité de tous.
Bon, allons ! Pour abréger : Ton job, c'est de conduire. Pas de prévoir.
Je ne joue pas au chemin de fer miniature dans mon sous-sol. les trains, je sais comment et pourquoi ça roule. Et je sais que tu es aux premières loges en cas de carton. jamais je n'ai envoyé de camarade au casse-pipe.
C'est dingue, cette "race des Seigneurs" qui s'imagine faire marcher les réseaux à elle toute seule...
On peut se parler ? D'autres peuvent-ils nous entendre ? Arnaud, es-tu disposé à en rabattre un peu, à discuter ?
A apprendre ?
@+
jean-andre.simon@wanadoo.fr

Écrit par : Andrew | 26/06/2009

Bonjour...
Dernière petite tartine, avant de nous revoir...
Arnaud : J'ai participé à assez d'expertises judiciaires, accompagné assez de trains spéciaux, organisé assez de séminaires de formation, assez fréquenté les clients et nos commerciaux et surtout compulsé quotidiennement assez de "REX" (retours d'expérience - ndr) pour savoir que le pire chargeur qui soit, c'est la SNCF elle-même. (Une branche de l'entreprise dont je tairai le nom par solidarité.) Les exemples sont légion. On va pas s'étaler dessus... Cher cheminot, expliquez nous donc ce qu'est le CUU et ses principales annexes techniques, le RID et les tomes 1 à 3 des Directives ? (Ensuite on en recause...)

Écrit par : Andrew | 27/06/2009

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