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12/01/2013

François Hollande est-il le nouveau Schröder ?

hollande parisot.pngC'est un peu la question que je me pose quand je lis (je crois que c'est dans 20 minutes) que l'accord sur l'emploi négocié entre les syndicats et le Médef, a été rédigé par le CFDT et le Médef.

D'abord les bonnes nouvelles.

La généralisation de la complémentaire santé est indubitablement un progrès ! Surtout pour les salariés des PME.

Dans les sociétés transnationales, une représentation des salariés est prévue dans les Conseils d'Administration. Ce n'est probablement pas une mauvaise chose pour les salariés. La grande question pourtant est de savoir quels pouvoirs ils auront.

Le compte personel de formation qui suit le salarié quand il change d'entreprise va aussi dans le sens d'un progrès social.

L'encadrement du temps partiel (minimum 24h00) peut mettre fin à des abus. La question est de savoir pourtant comment veiller à la bonne application d'une telle mesure. D'autant plus que des exceptions sont prévues ...

Les droits rechargeables : Permet à un salarié de reprendre le travail sans perdre ses précédents droits aux ASSEDIC (au cas où il retournerait au chômage). C'est une bonne idée, mais le financement de la mesure n'est pas prévu. C'est sarkozyen.

La taxation des contrats courts : cela part bien sûr d'un bon sentiment : plus un contrat de travail est court plus la cotisation aux assurances chômage est élevé. D'après moi, on risque de voir se multiplier les CDI avec période d'essai à durée de plusieurs mois .... Enfin on verra !!

Voilà pour les bonnes nouvelles ....

Pour le reste, il y a de graves remises en cause.

Je passe sur le raccourcissement du délai de prescription pour qu'un salarié remette en cause judiciairement son licenciement.

Le Médef a obtenu la validation ce qu'il exigeait depuis des années et avait commencé à mettre en pratique de sorte qu'il ne sera même plus possible de contester cela devant un Conseil des Prud'hommes :

la possibilité légale de baisser la rémunération (et/ou le temps de travail)  en cas de "graves difficultés conjoncturelles". Il s'agît de LA remise en cause du principe élémentaire du "maintien des avantages acquis" !!!

Car qui va contrôler la qualification de "graves difficultés conjoncturelles" ? L'Inspection du travail ??? Ils ne sont que quelques centaines ! Les juges ? Par définition ils ne pourront être saisis qu'a-posteriori et comme ils ne peuvent légalement pas forcer un employeur à réintégrer un salarié ...

Et haro sur le salarié qui refuse de voir baisser sa rémunération car dans ce cas, l'employeur a le droit de le licencier.

Dernier point : mais pas le moindre. Les salariés se voient intégrer une clause de mobilité (fonctionnelle et géographique). Et tant pis pour celui qui vient d'acheter une maison ou qui a un conjoint qui travaille. Si le salarié refuse : direction pôle emploi.

Le MEDEF a enfin obtenu la légalisation de ce qu'il mettait en pratique depuis plusieurs années !

Il n'y a pas de doute. On est dans ce que le politiquement correct appelle la flex-sécurité.

Flexibilité oui.

Sécurité ... Celle de l'employeur ??

Ce que Sarkozy n'avait pas réussi, Hollande l'a fait.

Le quart d'heure d'imperttinence étant passé, vous pouvez recommencer à regarder la guerre à la télé.

Commentaires

Cent fois oui à votre question-titre (et sa 1ère année n'est pas écoulée!).Je suis dégouté que l'on entende pratiquement pas d'autres avis...TINA forever.

Écrit par : christian | 16/01/2013

Christian, entre les umpistes qui critiquent tout et la gauche qui soutient le gouvernement il y a un monde

Écrit par : elmone | 16/01/2013

Les commentaires sont fermés.

 
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