26/07/2011
La lettre ouverte du Président aux députés et sénateurs
Ha on ne le refera pas not' bon président.
Le déficit budgétaire a doublé entre 2007 et 2012 et notre Président s'érige en défenseur de l'équilibre budgétaire.
Mieux, il propose de modifier la Constitution afin de limiter voire interdire les déficits dans l'avenir.
Sur le fond j'effectuerais bien une remarque. N'est-ce pas se faire hara-kiri que de renoncer à une politique budgétaire déficitaire ? Par le passé cela a parfois bien fonctionné !
Supposons qu'une crise apparaisse ! Alons nous nous interdire de faire une politique de relance sous prétexte que cela causerait du déficit ? Ou alors comme cela devient la tendance nos députés rogneront-ils sur les dépenses d'urgence ?
Sur la forme. Il envoie une lettre aux parlementaires pour les placer devant leurs responsabilités (ou les faire réfléchir selon Mme Pécresse) face au déficit budgétaire.
Cette lettre d'ailleurs se termine ainsi : "la France, tout le monde le comprendra, doit être exemplaire dans la remise en ordre de ses comptes publics et de son économie. Elle a commencé à l'être en engageant l'assainissement de ses finances publiques et en œuvrant pour le renforcement de sa compétitivité. Elle doit continuer.
Dans les circonstances exceptionnelles que connaît l'Europe ces derniers mois, je souhaitais par ce courrier vous informer personnellement de ces décisions que nous avons prises ensemble avec nos partenaires européens. Nous l'avons fait en pensant à l'avenir des peuples et des générations futures, en privilégiant l'intérêt général, au détriment de sensibilités politiques parfois différentes et d'intérêts nationaux qui, dans le passé, ont pu contribuer parfois à nous diviser.
En France, dans les mois qui viennent, nous avons besoin aussi de nous rassembler sur ces questions essentielles, au-delà des intérêts partisans. La représentation nationale que vous incarnez jouera, j'en suis sûr, un rôle majeur pour assurer le sens de notre responsabilité commune face à l'Histoire."
Si le terme "règle d'or" n'apparaît pas dans la lettre, le sens est clair. Et c'est en vue de la réunion du congré seul à même (avec le référendum) de modifier la Constitution et y inclure cette fameuse "règle d'or".
Le problème de Nicolas Sarkozy pour faire passer cette modification est qu'il a besoin des voix des socialistes (la majorité est atteinte aux 3/5 des sénateurs et députés).
D'où la lettre.
Et le piège est fermé car de 2 choses l'une !
Soit les socialistes votent la modification souhaitée et le Président endosse le rôle de rassembleur ce qui est fun en campagne électorale.
Soit ils refusent de la voter et l'opposition socialiste fera office d'irresponsable aux yeux de l'opinion.
Pourtant, cette façon d'envoyer une lettre aux parlementaires relève de l'inédit dans l'histoire de la Vème République. Cela constitue une atteinte certaine à la séparation des pouvoirs.
Comme le rappelle le sénateur Bel,il n'existe que 2 cas de communication du Président au Parlement. Ils sont dans l'article 18. Cet article prévoit que le Président peut communiquer au Parlement "par des messages qu'il fait lire et qui ne donnent lieu à aucun débat", l'alinéa 2 dispose quant à lui que le Président "peut prendre la parole devant le Parlement réuni à cet effet en Congrès".
Mais envoyer envoyer une lettre préalablement à un débat, il fallait oser.
Mettre en place une nouvelle règle constitutionnelle en enfreignant d'autres règles de cette même Constitution, il faut le faire.
Mais bon ... On le r'fera pas not' bon Président...
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| Tags : sarkozy, congré, déficit, règle d'or, budget |
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